Compétitivité et innovation : l’industrie européenne de l’armement terrestre au défi
Investissements dans les énergies renouvelables : la Chine en haut du palmarès | Brève
« Who’s Winning the Clean Energy Race ? » : voici le titre d’un nouveau rapport publié par l’institut Pew Charitable Trusts, qui propose un classement des pays en fonction de leurs investissements dans les énergies « propres ». Pour la première fois, la Chine a dépassé les Etats-Unis dans ce domaine, avec 34,6 milliards de dollars d’investissements en 2009, contre seulement 18,6 milliards de dollars pour les Etats-Unis, désormais en deuxième place. La France arrive en douzième position, juste derrière le Mexique. Exprimés en pourcentage du PIB, | les investissements américains sont inférieurs à ceux de la moitié des membres du G20. Le rapport souligne que des pays comme le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Allemagne ont réussi à construire un important avantage concurrentiel dans le domaine des énergies renouvelables, notamment grâce à une politique volontariste et claire en faveur du développement de ce secteur. (source)
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Penser les faits
Intervention de Gilles Andréani, Conseiller maître à la Cour des Comptes, ancien Directeur du centre d’analyse et de prévisions du ministère des Affaires étrangères, lors du séminaire “La France et ses stratèges”, tenu le 22 mars 2010.
De ce point de vue je ressens, comme certains de ceux qui se sont exprimés avant moi, Jean Dufourcq en particulier, un sentiment de manque par rapport à la période dorée que nous a décrite M. Malis, quand la pensée stratégique française rayonnait plus qu’aujourd’hui.
Je voudrais dire un mot de cette époque pour essayer, non de détruire le mythe mais de décrire les circonstances un peu particulières qui ont permis ce succès relatif avant de déterminer ce qui nous manque aujourd’hui pour reproduire ce succès.
À l’époque, la France avait, pour parler en termes de marketing, une « stratégie de niche » (j’emprunte cette expression à Hubert Védrine), je veux dire qu’elle savait – ce qui est le propre de tout acte stratégique – tirer le parti maximal de moyens limités dans un contexte contraint. Les contraintes, c’était la guerre froide. Alliée des États-Unis, la France avait trouvé le moyen de valoriser quelque chose qui était peu significatif à l’échelle planétaire, à l’échelle des grands enjeux de sécurité de la guerre froide : la force de frappe naissante. À ce moment-là, on a vu la France développer un discours (c’était une stratégie du discours avant d’être une stratégie des moyens) qui valorisait de façon maximale ses atouts dans une réflexion originale autour de l’atome et qui tendait à relativiser le rôle des alliances dans le contexte de la guerre froide. Contre cette pensée que nous devions au Général Gallois, au Général Ailleret, s’insurgeaient des gens pour qui l’atome n’était pas forcément destructeur d’alliances, pour qui la guerre froide n’était pas simplement un affrontement d’intérêts nationaux mais un combat idéologique et politique global dans lequel il ne fallait pas se méprendre sur la vraie nature de l’Union soviétique, sur ses objectifs et pour lesquels il y avait place pour une stratégie plus solidaire (sans renoncer à l’arme nucléaire) qu’une stratégie identifiant le nucléaire à un espace de sécurité étroitement national. Raymond Aron était le tenant de cette deuxième version des choses. Les thèses ont été portées de part et d’autre avec beaucoup de talent, beaucoup de brio et, au fond, l’une et l’autre contribuèrent à valoriser l’outil français, sur le fond de flamboyance de la diplomatie gaulliste.
Ce fut un moment particulier, avec des hommes exceptionnels, de grands talents intellectuels de part et d’autre.
Rétrospectivement, on doit prendre conscience des limites de ce succès, dont on sent peut-être encore aujourd’hui les conséquences.
La première limite, c’est qu’il s’agissait plus d’un discours sur la stratégie que d’une stratégie militaire de mise en œuvre des moyens. Nous avions à l’époque des moyens limités et, politiquement, nous tirions le maximum de nos atouts stratégiques dans une conception de la stratégie qui dérivait assez largement vers le discours politique, une stratégie du verbe portée par le général de Gaulle.
Deuxième limite : à ceux qui pensaient le nucléaire comme un fait irrémédiablement national, donc dissolvant d’alliances, répondaient ceux pour qui le véritable enjeu de sécurité de la France était sa place dans un combat planétaire, celui de la guerre froide contre le communisme soviétique. Entre les deux, il ne restait pas beaucoup d’espace pour l’Europe. Des deux côtés on minimisait l’Europe, du côté de ceux qui pensaient l’atome comme quelque chose de strictement national comme du côté de ceux qui réclamaient la solidarité atlantique comme principe organisateur principal de la stratégie française.
Dans les années quatre-vingt, l’Europe est devenue une priorité stratégique française. Mais je dirai qu’on ne l’a peut-être pas pensée de façon assez stratégique. Nous n’avons pas mis nos talents, nos capacités de projection dans l’avenir, d’économie des forces au service de nos ambitions européennes, que, du coup, nous avons proclamées d’une façon un peu obligée, incantatoire et peut-être pas assez pensées stratégiquement. Avec quels alliés, au nom de quels intérêts voulait-on faire cette Europe ? Je trouve que c’est un « dommag…
« La droite menacée d’un séisme en 2012 » | Tribune
Si la droite perd l’élection présidentielle de 2012, ce ne sera pas une défaite comme les autres. La dégradation du climat politique renforce la menace qui pèse sur elle.
La perte, dimanche 11 juillet, de la circonscription de Rambouillet en précise les manifestations. Depuis qu’elle a repris l’Elysée à la gauche, en 1995, la droite a subi comme autant d’échecs la plupart des élections locales.
Ces défaites répétées ne l’ont pas empêchée de conserver le pouvoir, mais elles ont peu à peu sapé ses assises territoriales, jusqu’aux plus anciennes, uvrant lentement à l’effondrement d’un édifice : entre 1998 et 2010, la droite a perdu, en métropole, 744 cantons, 34 départements et 18 régions.
Lors des municipales de 2001, elle cédait à la gauche deux villes emblématiques, Paris et Lyon. Certes, elle croyait se consoler en gagnant, grâce à la cohabitation, 20 villes de plus de 30 000 habitants, mais elle en a perdu 26 lors des municipales de 2008 ! Même les élections législatives de 2007, pourtant situées dans le droit-fil de l’élection de Nicolas Sarkozy, se sont soldées par la disparition de 53 circonscriptions par rapport à la majorité sortante. Cela fait presque un millier de positions perdues.
Les élections cantonales de 2011 seront cruciales. Il y a toutes les raisons de penser qu’elles prolongeront le supplice de la droite. Or pour chaque canton perdu, chaque commune, chaque département, chaque région ou circonscription cédée à l’adversaire, c’est un point d’appui, un réseau, des ressources, autant de précieux leviers pour l’action publique comme pour la mobilisation des sympathisants et des électeurs.
LE PS TIRE UN PROFIT RÉGULIER
Depuis dix ans, le Parti socialiste tire ainsi un profit régulier, sans efforts ni doctrine, simplement parce qu’il est dans l’opposition. A moyen terme, ce n’est pas une bonne nouvelle pour lui, puisque ce ne sont pas ses propres forces qui fournissent la raison de ces victoires. A court terme, cependant, c’est pour la droite que les perspectives paraissent les plus sombres.
La gauche a remporté un nombre suffisamment grand d’élections locales pour pouvoir espérer gagner le Sénat en 2011. Ce serait déjà un premier tremblement de terre. Mais si la gauche emportait le Sénat en 2011, la présidence de la République en 2012 puis, dans la foulée, l’Assemblée nationale, tout en contrôlant les régions, la majorité des départements et la plupart des villes moyennes et grandes, alors, pour la première fois dans l’histoire de la République, la droite aura tout perdu.
A ceux qui penseront benoîtement que la perte du pouvoir national, en 2012, permettra au moins à la droite de retrouver les pouvoirs locaux aussi mécaniquement qu’elle les avait perdus, il faut opposer une autre perspective, moins optimiste.
Ayant tout perdu, pour la première fois, la droite pourrait souffrir plus que jamais de la concurrence du Front national. Une dislocation sans précédent de la droite de gouvernement, dans un contexte de crise exaspérant l’opinion, offrirait au FN et à sa nouvelle patronne l’opportunité inédite, et rêvée, d’accueillir une flopée d’électeurs exaspérés, de sympathisants découragés, de militants humiliés et de nombreux élus sonnés, enfonçant plus encore la droite de gouvernement dans des difficultés qui pourraient devenir insurmontables pour longtemps, car la concurrence du Front national limitera fortement, voire interdira le retour du balancier en faveur de l’UMP.
L’ÈRE DE JEAN-MARIE LE PEN TERMINÉE
On a déjà observé, dans le passé, que la présence de la gauche au pouvoir se traduisait autant, sinon davantage, par une poussée du Front national que par une remontée de la droite de gouvernement. La probabilité de voir un tel phénomène de “siphonnage” se produire au profit de l’extrême droite est d’autant plus élevée que l’ère de Jean-Marie Le Pen est terminée. Conduit par Marine Le Pen, retenons cette hypothèse, le Front national jouera la carte de la “vraie droite”, regardant l’UMP comme jadis le RPR regardait les centristes.
De ce point de vue, si les signaux envoyés par la droite en direction des électeurs du Front national peuvent se comprendre dès lors qu’il s’agit d’améliorer les transferts de voix dans les scrutins à deux tours, ils peuvent aussi bien précipiter, dès à présent, la fuite d’électeurs de droite au profit du FN, et faciliter des transferts plus massifs et moins temporaires de même sens si la droite venait à perdre le pouvoir en 2012.
Réduire la distance, c’est prendre le risque d’ouvrir des voies de passage. Cela peut favoriser la victoire mais, tout autant, amplifier la défaite. D’autant plus que, simultanément, le centre tirera un profit certain d’une défaite de l’UMP en 2012, reprenant une part, voire la totalité des élus, des militants et des électeurs, qui, en 2002, avaient quitté l’UDF pour fonder l’UMP.
Renaissance d’un parti centriste plus fort qu’aujourd’hui, récupérant une partie des forces passées à l’UMP en 2002, et nouvelle poussée de l’extrême droite scelleraient ainsi le sort de l’UMP dans le cadre d’une recomposition ne lui permettant plus de concevoir son avenir autrement que comme une force parmi d’autres dans une coalition à laquelle le FN finirait par prendre une part active, voire déterminante.
Voilà pourquoi la défaite de la droite en 2012, si elle advient, risque d’être à nulle autre pareille.
Dominique Reynié, directeur général de la Fondation pour l’innovation politique et professeur à Sciences Po
Article paru dans Le Monde – Edition du 03.08.10
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Les recherches qui ont amené à cette page
Spanish Cabinet OKs Participation in Production of Meteor Missile
Diplomatie, Sarkozy sur la défensive
C’est un Nicolas Sarkozy sur la défensive qui a prononcé le traditionnel discours annuel de politique étrangère devant la Conférence des Ambassadeurs.
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